’68 : la fureur, le bruit

Review + Extrait vidéo (son crado) du concert de ’68 au Molodoï (Strasbourg), 26 mai 2015 w/ More Dangerous Than A Thousand Rioters, Casey, Capsize.
Orga: Asso Lemon Sounds

Pour apprécier un concert de ’68 sans en perdre une miette, soyez là au moment du soundcheck…check…check…check. Juste avant le set. Vous comprenez la nécessité à ce que le concert soit DIY, Yeah…Yeah…Yeah. Le tout dans une salle branchée, ch… Non je déconne, c’était à Strasbourg au Molodoï…Oï…Oi…Oï !

’68, ça balance pas mal, et comment ! C’est un joyeux bordel non organisé en duo, où Josh Scogin joue à touche pédales et s’égosille à s’en claquer une corde, vocale.  Face à lui, un fou furieux qui écrase des futs, Michael McClellan. Entre deux cris de corbeau, des notes grinçantes et des envolés rythmiques: des riffs de Nirvana exécutés sous speed. Impression qu’ils se tapent le bœuf.

Assister à ces cinq minutes de rodage technique provoque deux réactions contradictoires: «Mon Dieu, mais ils sont complètement jetés» et «Mon Dieu, mais ils sont complètement jetés». Là, restez ou fuyez.

Durant le set, c’est la même sauce qui est servie, en bien mieux déconstruit, dans la fureur et le bruit. Josh Scogin est un vrai showman. On connaissait chez lui, avec The Chariot, ce penchant pour les élucubrations scéniques. Avec ’68, il ravit les amateurs de cirque. Pratiquant la scène comme on fait du sport, il triture et torture sa guitare dans tous les sens avec un prosélytisme rock assumé. Les plus observateurs auront vu cette petite vierge installée dans le bois creusé de l’instrument en lieu et place d’un micro. Trente-cinq crachats plus tard, expédiés nonchalamment vers le batteur – je rappelle ici qu’ils jouent face à face – le frontman jette ses derniers mots: «sur cette tournée nous n’avons plus de disque, mais on a des T-shirts, ça fait office de musique». Fin du show dans la joie et l’épuisement, puis remerciements.

Plusieurs titres du LP In Humor and Sadness ont été passés en revue avec les deux du EP Midnight (si ma mémoire ne flanche pas). Cerise sur la disto : une cover de Nirvana avec Tourette’s.

Mieux que des mots, une vidéo en haut de la page. Ne vous ne fiez pas au son et découvrez en 4 min le potentiel bordel des américains en live. Notez au passage le clin d’œil à At the Drive-In à 3’00. Sur scène, ’68 réconcilie probablement les indécis de leur discographie.

Jérémy Lynx

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s