DEAD STEREO BOOTS : Pourquoi se limiter à un style de musique quand la musique, c’est ne pas se limiter ?

Dead Stereo Boots fait tomber les Ray-ban. Et réduit le volume avec son 3e EP Yeah Yeah.Dead Stereo Boots photo par Guillaume ChabrudeDead Stereo Boots fait tomber les Ray-ban. Et réduit le volume. Les fils spirituels Lorrains de Black Keys, voyez-y une influence clairement assumée, livrent un nouvel EP plutôt «Yeah Yeah». Ils s’y mettent à nu, revendiquant une délicatesse pop. Dans les paroles, de sensualité il en est toujours question. Et de sexe ? Bien plus encore, évidemment ! Rencontre avec Rodger (chant/guitare) et Daron (batterie).

Dead Stereo Boots - Yeah YeahDead Stereo Boots vient de sortir un nouvel EP, Yeah Yeah, parlez-moi du concept…
Rodger : On voulait montrer d’autres facettes du groupe, ce qu’on savait faire, donc aussi de l’acoustique. Et sur ce 4 titres, notre volonté a été de décliner la sensualité des gens à travers les saisons. Printemps, été, automne, hiver : on ne réagit pas sexuellement ou émotivement de la même manière. On a voulu le retranscrire en musique.

Daron : Un truc plutôt calme et sombre nous fait penser à l’hiver ou l’automne. Quand ça envoie plus, à l’été. C’est comme ça que l’EP a été pensé.

Il y a toujours une histoire de sexe dans vos titres…
Daron : Oui, c’est peut-être aussi la musique qui produit nos paroles. C’est un tout entre l’histoire racontée dans un morceau et la musique.

Je pensais avoir saisi autre chose dans votre concept EP, il s’appelle Yeah Yeah et le nombre de «Yeah Yeah» chanté est impressionnant, peut-être une cinquantaine au total ! (ndlr : on vous laisse le plaisir de compter…)
Rodger : Les paroles étaient écrites pour deux morceaux, mais je ne trouvais pas de refrain. Du coup «yeah yeah» sonnait plutôt bien. Quand tu fais du sexe, tu n’es pas là en train de palabrer pendant des heures, c’est souvent des mots très simples. Et «Yeah Yeah» correspondait bien à l’ambiance sexuellement dégagée par les titres.

Dans ce disque, il y aussi pas mal d’invités…
Rodger : Oui c’était l’occasion de jouer avec les potes. On a eu un coup de main de pas mal de gens. Eddy La Gooyatsh pour l’enregistrement et des parties de banjo. Les Hoboken Division, les Dirty Work Of Soul Brother, l’équipe de What comes around goes around ont posé des voix. C’était aussi l’occasion de partager un moment de musique avec nos potes, ce que l’on ne fait souvent.

Aujourd’hui, vous préférez jouer à poil en acoustique ou en habits électrifiés ?
Rodger : On aimerait bien faire les deux, mais construire un set en acoustique prend du temps ; on l’a déjà fait une fois et c’est pas exclu de le refaire. Je pense aussi que le public préfère pour l’instant nous voir en électrique. C’est ce qu’on préfère aussi à la base. Donc calme toi un peu Jérémy, on jouera habillé !

Avec Yeah Yeah on découvre un autre Dead Stereo Boots, je ne dirais pas pop, mais ça tire vers des climats plus émo-indie…
Daron : C’est pas un gros mot, ça ne nous dérange pas que tu dises qu’on fasse de la pop. C’est pas notre savoir-faire, on privilégie le côté brut et garage de la chose. Mais on apprécie jouer des trucs pop. Et même dans nos morceaux électriques, il y a toujours un côté pop et ce n’est pas grave...

Rodger : On sait faire autre chose, on a d’autres influences, on adore les Beatles et des gens comme Elliott Smith. Alors pourquoi pas le jouer aussi puisque c’est en nous ? Pourquoi se limiter à un style de musique quand la musique c’est justement ne pas se limiter ?

Vous avez sorti le clip du titre « Spring » conjointement à l’EP…
Daron : On a clipé ce morceau électrique parce qu’il sera sur notre 1er album. Il a été réalisé par les potes de la boite de prod. Holden. On les remercie énormément car ils font du bon boulot et les retours sont vraiment positifs. Ce clip annonce la couleur de notre futur album qui sortira début 2015, probablement en vinyle. On ne sait pas encore, peut-être fera-t-on aussi une sortie CD et digitale.

Cet album va donc être sale, haut en couleur avec des vieux qui baisent…
Rodger : Ça, c’est un concept pour un morceau. Il y aura beaucoup d’autres choses dedans, pas que du vieux :  il y aura du jeune et des animaux…

Daron :  L’album on le joue encore pas en entier sur scène et je pense que le public sera surpris. Il sera pop, parfois stoner et même un peu violent. Dead Stereo Boots, c’est pas juste un style garage !

Depuis la sortie de votre 2e EP Broken Stereo Love durant l’été 2013, que s’est-il passé pour vous ? Vous étiez bourrés d’ambition.
Rodger : On a fait énormément de dates, plus de 60 concerts en un an et demi ! Ce qui est quand même pas mal pour un groupe en indé et sans structure derrière lui. Il y a aussi de bonnes choses qui arrivent. Cette année on a été retenu sur le dispositif d’accompagnement Multipistes, ce qui va permettre de s’améliorer encore. Avec ce programme d’échanges franco-belge, allemand et luxembourgeois, on va rencontrer d’autres groupes européens et aller jouer ailleurs.

Daron :  On va être suivi par des grosses salles de concert avec des musiciens-conseils. Ils ne vont pas être là pour faire le boulot à notre place  mais vont donner un avis objectif, de professionnel.

Rodger : Tu as toujours besoin d’un regard extérieur sur ce que tu fais. Déjà parce qu’on est deux et qu’on travaille beaucoup en huis clos. Ces avis ne vont être que bénéfiques, il ne faut pas se regarder le nombril tout le temps, mais avancer et se dire qu’on peut toujours faire mieux.

Grosse année 2015 donc pour Dead Stereo Boots…
Rodger : Sortie d’album, Multipistes, pas mal de concerts aussi en dehors de la Lorraine, chose qu’on a déjà commencé à faire. Oui, c’est plutôt bien engagé. Notre objectif est de voyager avec notre musique, aller au-delà des frontières pour rencontrer d’autres publics, c’est ce qui nous fera vraiment plaisir.

Sinon, vous avez fait tombé les Rayban, fini le groupe à lunettes stylées pour les photos et les concerts ?
Rodger : Non, c’est toujours d’actualité ! C’est juste que là, on vit quand même en Lorraine, il n’y a pas trop de soleil en ce moment…

Daron :  L’hiver arrive ! Winter is coming…

Des propos recueillis par Jérémy Lynx
Photo: Facebook Dead Stereo Boots par Guillaume Chabrude

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